Est-il encore possible de vivre de belles choses
? Je ne sais pas, la médiocrité gagne tout. L’attrait
matériel et la consommation galopante n’ont rien arrangé au
phénomène. À l’heure actuelle, conserver une relation vraie
relève de la prouesse. Les jalousies se multiplient, les rêves de
paradis terrestres s’étalent comme autant de finalités à nos
courtes vies. L’appel des palmiers vaut bien quelques têtes
écrasées et autres coups de talons dans les gencives.
Et l’on court, on se presse, on se bouscule, les places sont
aussi chères au soleil que dans l’autobus.
Le plus navrant de l’histoire, c’est de se battre et de
cracher sur son voisin pour des rêves qui ne sont pas les siens.
Des rêves empaquetés, sur papier glacé, suffisamment calibrés pour
être l’objectif, et suffisamment éloignés pour n’être
que fantasmés. Des rêves médiatiques qui ne sont que le moteur des
masses exténuées. La vieille technique de la carotte pour faire
avancer l’âne. Et, pour conserver l’espoir dans le
cœur de tous ces braves gens, de toutes pièces, on créé
quelques exemples.
Bravo Madame Paindère ! Vous avez gagné une croisière grand luxe !
Et entre parenthèse, pendant que des millions d’aspirants se
reprennent à rêver que pour eux aussi c’est possible,
l’aimable animateur ne manque pas de rajouter en pensée
: « A la fin de la semaine, n’oubliez pas de rendre les
fourrures avant de retourner à l’usine ! »
Il est difficile de discerner le bien du mal de tout ce
mécanisme.
Néanmoins, parfois je pense que l’ignorance peut être source
de bonheur. La tristesse vient de ce que l’on ne peut
obtenir. Quand il n’est pas grand-chose à envier, les choses
simples telles que les relations entre les hommes reprennent toute
leur valeur. On ne passe plus trois cent soixante jours à
courir pour cinq jours à se prélasser dans l’année. Un peu
simpliste peut-être, un peu faussé sûrement, mais vous comprendrez
que dans ma position, allongé sur une plage polynésienne, je
compatisse dans mon statut d’héritier, à la souffrance de
tous ces gens qui ne se doutent même pas que c’est encore
mieux qu’à la télé.
Queen - Under Pressure - Freddie Mercury & David Bowie (> And music for all...) posté le jeudi 04 décembre 2008 19:04
Le philosophe (> Lire "PorCtraits") posté le mercredi 03 décembre 2008 12:20
NIN - Right Where It Belongs Tour Cut (> And music for all...) posté le mardi 02 décembre 2008 19:04
"Right Where It Belongs"
See the animal in his cage that you built
Are you sure what side you're on?
Better not look him too closely in the eye
Are you sure what side of the glass you are on?
See the safety of the life you have built
Everything where it belongs
Feel the hollowness inside of your heart
And it's all
Right where it belongs
[Chorus:]
What if everything around you
Isn't quite as it seems?
What if all the world you think you know
Is an elaborate dream?
And if you look at your reflection
Is it all you want it to be?
What if you could look right through the cracks?
Would you find yourself
Find yourself afraid to see?
What if all the world's inside of your head
Just creations of your own?
Your devils and your gods
All the living and the dead
And you're really all alone?
You can live in this illusion
You can choose to believe
You keep looking but you can't find the woods
While you're hiding in the trees
[Chorus:]
What if everything around you
Isn't quite as it seems?
What if all the world you used to know
Is an elaborate dream?
And if you look at your reflection
Is it all you want it to be?
What if you could look right through the cracks
Would you find yourself
Find yourself afraid to see?
J'I Love... Pas du tout... (> Lire "J'I Love !...") posté le lundi 01 décembre 2008 12:02
J’I Love les bonnes résolutions,
on est sûr que ce seront les premières choses
que l’on ne parviendra pas à tenir
J’I Love les profs comme les instits,
ils sont l’ultime maillon de l’évolution humaine,
ils sont l’avènement de l’homo fainéantis ;-)
J’I Love que la réalité dépasse toujours la fiction,
ça laisse présager du meilleur comme du pire
J’I Love les travestis, ils sont à l’homme de goût ce
que la femme est au queutard : un trou à remplir
J’I Love l’article 22 du code de
l’entreprise,
l’article 22 : Démerde-toi comme tu peux
J’I Love avoir conscience d’être le père
fondateur de mon futur cancer,
et de continuer à bouffer des cachets pour dormir et canaliser mon
stress
J’I Love les hommes qui pissent au bord de la route,
ils sont les premiers écolos,
une économie de six litres de chasse d’eau
à chaque fois qu’ils arrosent la luzerne
J’I Love les taches ménagères,
depuis qu’une étude a prouvé qu’elles augmentent le
désir sexuel de la femme envers son conjoint quand il fait la
vaisselle
J’I Love la langue de bois, on a même amélioré le modèle
depuis Pinocchio, maintenant, menteurs compulsifs et mythos
n’ont plus le nez qui s’allonge, mais la queue qui
rétrécit
L'ange écarlate (> Lire "PorCtraits") posté le vendredi 28 novembre 2008 15:59
- Permettez ?
- Euh…
- Merci. Je déteste m’asseoir seul dans un
café. Je ne vous dérange pas au moins.
- Euh … C’est-à-dire…
- J’aime autant. Il n’est pas dans
mes habitudes de m’imposer. Je m’appelle Gérard, ici
tout le monde me connaît. Et vous-même ?
- Gauthier …
- Allons, allons ! Pas de Monsieur entre nous !
J’ai tout de suite reconnu en vous l’homme affable,
courtois et ouvert d’esprit. Les noms éloignent les hommes,
les majuscules posent des principes et des règles aux mauvais
endroits, quand les prénoms les rapprochent ! Quel est le vôtre
?
- Roland … Mais …
- On ne peut pas dire que vos parents vous aient
gâté !
- Parce que vous croyez que Gérard …
?
- Me convienne parfaitement ? Absolument !
J’incarne le caractère du Gérard alors que vous pas du tout
celui du Roland !
- Comment devrait être un Roland à votre sens
?
- Prénom peu usité que je n’ai pas étudié
précisément. Mais dans les grandes lignes, il s’en dégage un
caractère médiocre et précieux. Ce qui ne vous correspond pas
vraiment.
- C’est intéressant… Alors comment
me voyez-vous, puisqu’à votre goût, il serait nécessaire de
me rebaptiser ?
- J’hésite. Non par peur de me tromper mais
de vous blesser.
- N’hésitez pas, vous m’intriguez
!
- C’est bien là un des problèmes. Seul le
futile vous intéresse. À quoi bon savoir à quels traits correspond
tel prénom !
- Mais c’est vous-même qui …
- Ai ouvert une brèche ? Oui, dans laquelle vous
avez plongé. Vous auriez dû couper court plutôt que de
m’interroger sur le sujet.
- Question de politesse, je ne suis
pas…
- Nous voici donc arrivés à votre deuxième
problème. Le savoir-vivre n’est pas une notion permissive qui
laisse libre court à l’étalage de n’importe quel
discours. Les ronds de jambe finissent par luxer les genoux !
- C’est ainsi que vous me voyez ? Vous
pensez que je suis un lèche botte, toujours à caresser les autres
dans le sens du poil ? Hypocrite tant que vous y êtes !
- Vos réponses dévoilent une à une chacune de vos
facettes. Votre troisième entrave remonte en surface : vous vivez
uniquement par rapport aux autres. Votre image ne se modèle que
dans le regard de votre voisin. Pourquoi me demander, et vous
intéresser à ce que je pense de vous ? Qui suis-je pour vous ? Vous
ne devriez pas avoir besoin de moi pour sculpter votre personnage.
Vous ne devriez pas douter une seconde de ce que vous êtes à cause
de quelques phrases jetées en l’air par un inconnu.
- Vous contournez votre propre jugement et
n’osez même pas répondre à ma question.
- Mais je n’ai aucune envie d’y
répondre ! En quoi y serais-je obligé ? Et puis vous
n’attendez aucune réponse, au mieux d’être conforté
dans l’idée de ce que les autres vous ont dit que vous étiez.
Et j’oserais ajouter que s’ils sont aussi « polis » que
vous, je me demande quel crédit vous pouvez porter à leurs propos !
Si l’on exclue les exigences de la courtoisie, que savez-vous
de vous ? À vos yeux, qui êtes-vous réellement ?
- Je ne vois pas en quoi consiste ce
questionnaire ! Qui êtes-vous pour vous permettre de me juger ainsi
?
- Je ne vous juge pas, je pèle la peau de votre
carapace d’artifices !
- Vous feriez mieux de peler la vôtre ! Les
grandes phrases cinglantes n’aident en rien à se faire des
amis ! On ne conforte pas sa solitude en essayant de détruire le
bonheur des autres !
- Je vois que je ne m’étais pas trompé ! Au
premier coup d’œil, je l’ai su ! Sous le poids du
politiquement correct et du moralement accepté brûlent encore les
braises vives de l’homme sûr qui assume ses idées !
- Un peu de pommade à passer quand vous voyez
votre interlocuteur s’exaspérer ?
- Magnifique ! Continuez, vous êtes sur la bonne
voie !
- Mais sur quelle voie ? Qu’est-ce que vous
me voulez ?
- Vous aider. Vous voyez cette femme là-bas
?
- Oui et alors ?
- Comment la trouvez-vous ?
- Elle est… Elle a l’air
gentille…
- Et voilà ! Vous rechutez ! Elle est immonde !
C’est un tas de gelée ! Comment pouvez-vous dire
qu’elle est gentille alors que vous ne la connaissez pas
!
- Elle a l’air…
- Tout cela pour éviter de parler de son physique
monstrueux, seul élément recevable au premier regard !
- Mais je me moque de cette femme et de vous
aussi !
- Voilà ce que vous auriez pu répondre à la
rigueur ! L’esprit doit rester en veille en permanence. Il
faut être aux aguets pour conserver son naturel, quitte à être
critique et même tranchant, pourvu que ce soit spontané, que ce
soit vraiment vous qui parliez. Vous avez pensé que cette femme
était hideuse. Pourquoi ne pas l’avoir dit ?
- Je n’ai pas à la juger ! Il ne
s’agit que de méchanceté gratuite. À quoi cela aurait-il
servi ?
- À vous connaître. À vous dévoiler à vos propres
yeux, à entendre votre propre voix cogner ces horreurs à vos
oreilles, et vous rendre compte à travers cela, que vous
n’êtes pas si bon, si lisse et si impeccable que vous
croyez.
- Je ne me suis jamais pris pour un saint,
j’ai mes défauts, comme tout le monde !
- Oui. Des défauts acceptés, calibrés, entendus
par la majorité comme inhérents à la nature humaine. Rien de vrai
en somme. On vous a dit : personne n’est parfait. Alors, dans
une palette de défauts, vous en avez choisi quelques uns,
excusables, voire même honorables quand, pris sous un angle
différent ils apparaissent comme des qualités. Vous savez, ces
fameux points forts et points faibles qu’on vous demande de
remplir quand vous postulez quelque part, autant de petits
mensonges que vous vous faites en priorité à vous-même.
- Vous semblez mieux me connaître que moi-même !
Je suis impressionné !
- L’ironie ne sauve que de l’instant,
jamais du miroir. Je vous laisse à présent. Je serai ici demain à
la même heure si vous désirez me revoir.
- Je ne crois pas avoir envie de vous supporter
encore une fois.
- J’aime autant ça. Même si la forme reste
encore convenue, le fond y est. La première leçon aura porté ses
fruits.
- Parce que vous comptez m’en donner une
seconde ?
- Moi, non. La deuxième, vous vous
l’infligerez seul, un soir d’insomnie ou un matin en
vous rasant.
- Quant à la troisième ? S’il en est une
?
- Je viens moi-même de la prendre. Au revoir mon
cher, et bienvenue parmi les esprits libres de la résistance.



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